<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="/rss20.xsl" media="screen"?>
<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<atom:link href="http://10mai.hautetfort.com/index.rss" rel="self" type="application/rss+xml" />
<title>10 mai</title>
<description>Libres propos sur la politique en France et ailleurs. Pour retrouver le souffle du 10 mai 1981</description>
<link>http://10mai.hautetfort.com/</link>
<lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 11:55:38 +0200</lastBuildDate>
<generator>Hautetfort.com</generator>
<copyright>All Rights Reserved</copyright>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/17/gouvernement-ayrault-renouvele-coherent-mais-tres-ps.html</guid>
<title>Gouvernement Ayrault : renouvelé, cohérent mais très PS</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/17/gouvernement-ayrault-renouvele-coherent-mais-tres-ps.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Gouvernement Ayrault</category>
<category>Parti socialiste</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Thu, 17 May 2012 10:34:08 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Voilà l'équipe Ayrault au grand complet&lt;/strong&gt; (à moins qu'il n'y ait quelques secrétaires d'Etat dans quelques jours pour compléter l'édifice). L'affaire a été plus compliqué que prévu après &lt;img id=&quot;media-3585240&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/01/3146567434.jpg&quot; alt=&quot;gouvernement Ayrault.jpg&quot; width=&quot;166&quot; height=&quot;145&quot; /&gt;le claquement de porte – pas si inattendu que prévu – de Martine Aubry qui se voyait déjà à Matignon. Il a fallu, dès lors, revoir toute l'architecture gouvernementale. Sans doute, telle ou telle femme doit-elle sa présence autour de la table – chargée – du conseil des ministres à la décision de la première secrétaire du PS de se retirer dans son double fief de Lille et de la rue Solférino (Harlem Désir va devoir encore patienter avant de prendre sa place...).&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quelques heures après cette nomination&lt;/strong&gt; au forceps, quelques réflexions sur les forces et les faiblesses de ce nouvel exécutif. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Incontestablement, l'équipe Ayrault est marquée par un vrai renouvellement du personnel. D'abord, le premier d'entre eux est un des rares Premiers ministres à ne pas sortir une grande école de cette élite républicaine qui parle beaucoup d'universalité mais aime tant les castes... En ce sens, il ressemble un peu à Pierre Mauroy, le premier homme de Matignon n 1981. Celui-ci &lt;img id=&quot;media-3585243&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/00/3161636546.jpg&quot; alt=&quot;ayraul.jpg&quot; width=&quot;92&quot; height=&quot;136&quot; /&gt;était une figure de la SFIO puis du PS d'Epinay, et surtout était le patron du Nord. Là, 31 ans plus tard, c'est un des ténors du PS, de l'Assemblée (espérons que ce soit un bon signe pour les députés) et surtout le maire de la plus grosse ville de l'Ouest. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Choisir un élu de&amp;nbsp;l'Ouest&lt;/strong&gt; est un symbole fort car cela traduit l'ancrage progressif de la gauche dans cette région. La Bretagne (si on inclut la Loire-Atlantique) est entièrement (conseil régional + conseils généraux + grandes villes) est entièrement contrôlée par les socialistes (qui ne ressemblent pas vraiment – pourvu que ça dure – à leurs homologues du Pas-de-Calais ou des Bouches-du-Rhône) alors que le PS était seulement puissant dans les Côtes d'Armor dans les années 80. Le fait qu'Ayrault soit d'extraction populaire et soit resté, semble-t-il, fidèle à ses origines modestes n'est pas pour déplaire à un moment où la grande masse de la population se demande si les élus les représentent vraiment. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le renouvellement est aussi frappant&lt;/strong&gt; dans la composition du gouvernement. En termes d'extraction, on remarquera que quatre ministres ont des origines extra-européennes (dont, pour la &lt;img id=&quot;media-3585247&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/01/3253289529.jpg&quot; alt=&quot;fleur pellerin.jpg&quot; /&gt;première fois, avec Fleur Pellerin, une ressortissante asiatique). Pour autant, aucun d'entre eux n'a de poste particulièrement en vue, sauf&amp;nbsp;Najet Belkacem, porte-parole du gouvernement.&amp;nbsp;Attention à ne pas en faire des gadgets ou des ministres alibis&amp;nbsp;!&amp;nbsp;On regrettera également qu'aucune personne souffrant d'un handicap n'ait été retenu dans l'équipe Ayrault I.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;A&amp;nbsp;part Laurent Fabius&lt;/strong&gt;&amp;nbsp;qui après avoir obtenu ce dernier (?) bâton de maréchal devra penser à sa retraite, tous les autres sont relativement novices. Certains, comme Pierre Moscovici, Michel Sapin ou Marylise Lebranchu, ont eu des fonctions relativement secondaires&amp;nbsp;sous Rocard ou Jospin, mais ils apparaissent comme des responsables politiques encore neufs. Pour d'autres, comme Vincent Peillon (éducation), Stéphane Le Foll (agriculture), Arnaud Montebourg (Redressement productif, &lt;em&gt;sic&lt;/em&gt;) ou Manuel Valls (Intérieur), c'est l'épreuve de vérité. Ils sont en politique depuis au 15 à 20 ans, ont souvent été dans les coulisses, tirant les ficelles des alliances avec les uns et les autres. Ils ont à prouver qu'être politiques, c'est aussi arbitrer au grand jour, prendre des risques et s'attirer les foudres des organisations professionnelles et des médias. Pour les deux derniers notamment qui soignent leur image, ils vont devoir apprendre à ne pas être aimé. De ce point de vue, donner sa chance à une génération qui attend depuis 10 ans l'alternance est plutôt un gage de confiance en l'avenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette équipe n'est pas d'une grande originalité&lt;/strong&gt;, mais on saluera tout de même deux innovations qui peuvent être porteuses d'évolutions culturelles : la création d'un maroquin à l'économie sociale et solidaire (confiée à Benoit Hamon qui lui aussi a tout à prouver), enfin reconnue, et la Coopération attribuée au EELV Pascal Canfin. Il sera intéressant de suivre &lt;img id=&quot;media-3585260&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/01/1341654524.jpg&quot; alt=&quot;canfin.jpg&quot; /&gt;les premiers pas de celui qui était voici trois ans (avant les européennes où il bénéficia de l'effet Cohn-Bendit) journaliste à &lt;em&gt;Alternatives économiques &lt;/em&gt;et animateur de l'ONG Finance Watch. Signera-t-il vraiment la mort de la Françafrique qui survit encore? Réussira-t-il à mettre de l'ordre dans notre politique de coopération qui en a tant besoin? Cohabitera-t-il aisément avec le très realpolitik Laurent Fabius, lequel connaît assez bien la Chine (ce qui est au moins aussi précieux que la maîtrise de l'allemand qu'a notre agrégé Ayrault) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Cette équipe devrait être assez cohérente&lt;/strong&gt; à l'image du duo que forme Hollande et Ayrault. Reste qu'elle souffre d'un gros défaut : être d'abord un gouvernement PS. A part les deux EELV (l'impatient Placé va devoir attendre), la radicale Sylvia Pinel (on a échappé, semble-t-il de peu, à l'arrivée du très peu éthique Jean-Michel Baylet) et l'inclassable Christine Taubira (qui fut radicale de gauche, candidate en 2002) à la Justice, les trente autres ministres sont membres du PS. Les écuries, les sensibilités et les régions (à part, me semble-t-il, le Sud-Est oublié) ont été bien représentées, mais cela fait tout de même une assise assez étroite pour conduire le changement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt; La question qui est posée&lt;/strong&gt; est bien celle d'une ouverture vers la gauche, mais aussi vers le centre, pour rassembler très largement et rendre possible le redressement annoncé dont la route est très escarpée. Le pari est compliqué pour l'après-législative (dans l'hypothèse, très probable, où majorité présidentielle et parlementaire coïncideraient) puisqu'il va falloir réussir l'élargissement de ce gouvernement, sans rompre avec la cohérence sans laquelle rien n'est possible. Voilà&amp;nbsp;Jean-Marc Ayrault (et sa femme) prévenus : ils vont devoir faire une croix sur ses vacances 2012 en camping-car... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/13/la-percee-du-fn-dans-les-campagnes-vue-du-terrain.html</guid>
<title>Plongée dans la France rurale de peu et d'amer</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/13/la-percee-du-fn-dans-les-campagnes-vue-du-terrain.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Extrême droite</category>
<category>Parti socialiste</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Sun, 13 May 2012 10:39:49 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;L'un des principaux enseignements de ce scrutin présidentiel a été la très forte progression de Marine Le Pen essentiellement dans les zones rurales profondes, là où l'insécurité &quot;physique&quot; et la forte immigration ne sont que des choses &quot;vues à la télé&quot;. De nombreuses analyses ont tenté d'expliquer ce phénomène, de façon plus ou moins pertinente. La question de l'isolement, le sentiment de ne plus comprendre les évolutions d'un monde qui va de plus en plus vite ont été soulevés, tout comme des éléments plus objectifs comme la misère sociale et culturelle, l'explosion du prix du carburant (particulièrement sensible quand on vit à 30 km du chef-lieu).&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;img id=&quot;media-3579946&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/02/1258841237.jpg&quot; alt=&quot;camapagne françois hollande,marine le pen,abstention,rsa&quot; width=&quot;141&quot; height=&quot;142&quot; /&gt;La Mayenne est un bon exemple de cette percée. Dans ce département de l'Ouest rural (300 000 habitants), marqué par le cléricalisme puis par la démocratie-chrétienne, Marine Le Pen a réalisé le 22 avril près de 15 % des voix (27 000 voix), derrière Sarkozy (30 %) et Hollande (26 %), mais devant Bayrou soutenu pourtant par le président du conseil général et sénateur influent, Jean Arthuis. En 2007, son père avait réalisé 14 000 voix (7,5 %) et 19 000 en 2002 (11,5 %). En dix ans,&amp;nbsp;le porte-drapeau des thèses d'extrême droite a gagné plus de 8 000 voix et 13 000 par rapport à 2007 (alors que la participation était supérieure voici 5 ans). Cette évolution&amp;nbsp;est générale dans l'Ouest : en Vendée, terre&amp;nbsp;aux caractéristiques assez voisines, le FN est passé en cinq ans de 6,5 % à 15&amp;nbsp;% des voix. Dans l'Orne, voisine de la Mayenne, un territoire&amp;nbsp;encore plus rural, le vote Le Pen est passé de 12 à 20 % (au-dessus donc&amp;nbsp;de la moyenne nationale).&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;A une vingtaine kilomètres de Laval,&amp;nbsp;ma mère Madeleine Bouttier, militante socialiste chevronnée,&amp;nbsp;est partie à la rencontre des habitants pour les convaincre de vot&lt;img id=&quot;media-3579948&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/2739641044.jpg&quot; alt=&quot;camapagne françois hollande,marine le pen,abstention,rsa&quot; width=&quot;137&quot; height=&quot;127&quot; /&gt;er &quot;François Hollande&quot;. Elle a ciblé les petits îlots de logements HLM qui se sont construits dans ces communes rurales et qui abritent des personnes très défavorisées. Chez ces personnes très peu politisées, elle ne s'est pas contentée d'un &quot;bonjour. je représente le candidat...&quot; et de donner un tract qui&amp;nbsp;finira rapidement&amp;nbsp;à la poubelle, mais a pris le temps de discuter&amp;nbsp;avec tous ceux qui souhaitaient engager la discussion. Parmi eux, évidemment des électeurs de Marine Le Pen. Elle a&amp;nbsp;couché sur le papier cette plongée dans une France de peu et d'amer. Je publie donc&amp;nbsp;son témoignage qui vaut bien de longs développements.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;«&amp;nbsp;&lt;strong&gt;La première séquence de porte-à-porte&lt;/strong&gt;, avant le premier tour, m'a laissé dubitative. Mis à part quelques personnes refusant de nous écouter, nous avons été bien accueillis, certains se défoulant, avec des &quot;vivement qu'on le mette à la porte, ce petit coq&quot;, d'autres se disant bien informés, d'autres, enfin, nous écoutant poliment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Première commune:&lt;/strong&gt; inscrits 340, exprimés 290, Le Pen 79 voix (27,24 %). Première porte : &quot;Je suis volontaire pour la campagne de François Hollande, je passe vous voir pour répondre à vos questions, vous écouter...&quot; Une jeune femme: &quot;Si j'avais une seule raison de voter Hollande, c'est pour la retraite, mon père est usé, il a commencé à travailler jeune pour qu'il ait la retraite à 60 ans.&quot; Sa mère: &quot;Je suis au chômage. Sarkozy a rien fait pour nous.&quot; L'homme jeune, présent, n'a rien dit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Dans un garage, trois hommes discutent autour d'une anisettes. Des ouvriers du bâtiment, l'un la soixantaine, le second de 30 ans et l'autre de 40 ans. Discours du Front national.&amp;nbsp;J'entends leurs récriminations : &quot;le taxi qui n'est plus remboursé pour aller voir le chirurgien qui l'a opéré.&quot; &quot;l'étranger qui a plus d'avantages sociaux que l'étranger&quot;, &quot;le bougnoule&quot;... Dans la discussion, ils glissent : &quot;Sarko, c'est les riches et Hollande, c'est le social.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;A une autre porte, un homme m'ouvre : &quot;Non, non, mon choix est fait; ils sont tous pareils.&quot; Une autre femme, jeune, n'est pas inscrite ; a déménagé récemment.&amp;nbsp;Une femme, la cinquantaine bien sonnée : &quot;Je voterai Hollande, je suis ouvrière, c'est normal.&quot; Une autre&amp;nbsp;femme fera le même choix : &quot;Ras-le-bol de Sarko. Tout ce qu'il&amp;nbsp;a promis et n'a pas fait.&quot; Un homme au visage haineux : &quot;ça ne m'intéresse&amp;nbsp;pas&quot; et me ferme la porte au nez. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Un couple, la quarantaine, m'ouvre&lt;/strong&gt;. L'homme : &quot;Parlez avec ma femme, c'est ma femme qui s'en occupe&quot;. &quot;Il ne vote pas&quot;, me dit-elle. Elle a des questions: &quot;Est-il vrai que les étrangers auront le droit de vote?&quot; J'explique pourquoi, à quelles conditions, les limites, les autres pays européens où ce droit de vote existe. Elle écoute et est visiblement intéressée. Des enfants qui jouaient dehors arrivent. Elle me dit en riant: &quot;Ils en parlent à l'école et me disent qu'il faut voter Hollande&amp;nbsp;car Sarkozy a supprimé beaucoup d'enseignants&quot;. J'embraye sur la justice sociale ; je crois l'avoir convaincu. Le mari, dans l'escalier, écoutait. Je lui dis : &quot;Pourquoi ne votez-vous pas?&quot; &quot;ça ne m'intéresse pas&quot;, me répond-il. Je lui dis: &quot;Bientôt, votre fille vous convaincra de voter&quot;.&amp;nbsp;Je repense à ce que m'avait dit une jeune Lavalloise ayant fait du porte-à-porte avec moi&amp;nbsp;: &quot;Mes parents ne votaient pas ; cette année, ils vont le faire. C'est l'école qui m'a fait découvrir les enjeux.&quot; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans ma commune,&lt;/strong&gt; je recommence l'opération dans les HLM de mon voisinage. Une famille avec 5 enfants accepte de me faire rentrer. Là aussi, c'est la femme qui participe aux échanges. Elle ne veut plus de Sarkozy, son mari ne vote pas, complètement en marge, ne retrouve pas de travail, son RSA a été supprimé parce que, me disent-ils, sa femme&amp;nbsp;distribue &lt;em&gt;Ouest-France&lt;/em&gt; le matin dans deux communes et ils ont trop de revenus. Les questions portent sur l'emploi, l'école... La femme suit à la télé la campagne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Le lendemain, je propose à une femme&lt;/strong&gt; que je rencontre au chalet d'échanges et de savoirs d'aller chez elle pour parler des présidentielles. Elle accepte et je lui demande d'inviter une autre femme qui suit aussi les activités d'insertion. D'emblée, la seconde, plus âgée,&amp;nbsp;me dit : &quot;C'est secret ce qu'on a voté.&quot; Mais à ces questions, elle se trahit. &quot;Est-ce vrai que les étrangers prennent notre travail?; &quot;Pourquoi certains viennent à la banque alimentaire avec de belles voitures?&quot; &quot;Il parait que des jeunes viennent deux jours au travail et qu'ils ne reviennent pas.&quot; &quot;Il parait que le tueur de Toulouse était connu de la police, mais c'est à cause des juges qu'on l'a relâché.&quot; Pendant une heure et demie, j'explique les heures supplémentaires défiscalisées, le contrat de génération de Hollande, les problèmes d'effectif&amp;nbsp;dans la police et la justice... Je leur conseille aussi de regarder d'autres chaînes que la Une. Et je fais de l'instruction civique en répondant à leurs questions : &quot;Et si je mets un bulletin de chacun dans l'enveloppe, est-ce que cela comptera pour chacun?&quot; &quot;Comment faire pour voter à la place de quelqu'un?&quot; &quot;comment ça se passe pour compter les voix?&quot; &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Une &quot;tracteuse&quot;&amp;nbsp;m'a rapporté ces réactions de deux ouvriers agricoles : &quot;Les politiques ne nous regardent plus, ils nous méprises, nous comptons pour rien&quot; &quot;Sarko fait ce&amp;nbsp;qu'il peut, mais y'a&amp;nbsp;la crise&quot; (cette personne ne regarde que TF1).&lt;span style=&quot;font-size: x-large;&quot;&gt; »&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/07/nous-ne-sommes-pas-en-mai-1981.html</guid>
<title>Nous ne sommes plus en mai 1981 !</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/07/nous-ne-sommes-pas-en-mai-1981.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Parti socialiste</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Mon, 07 May 2012 19:54:13 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Ce titre en interrogera certains&lt;/strong&gt; : comment quelqu'un qui intitule son blog d'analyses politiques «&amp;nbsp;10 mai&amp;nbsp;» (1) peut-il se méfier de cette analogie historique que le journal &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; cite allègr&lt;img id=&quot;media-3572005&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/01/3964818754.jpg&quot; alt=&quot;mai 1981,françois hollande,françois mitterrand&quot; width=&quot;141&quot; height=&quot;89&quot; /&gt;ement dans son éditorial? Le risque, pourtant, est de rester trop imprégné du souvenir de la première victoire de la gauche sous la Ve République et de croire que l'histoire se répète...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;Points communs, 31 ans plus tard...&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Certes, tout pousse à faire un parallèle entre le scrutin de 1981 et celui de 2012. Même rejet du sortant (VGE et Sarkozy), même score (51,7 %), même lieu pour la fête (d'abord une ville de la France profonde – Château-Chinon pour Mitterrand, Tulle pour Hollande – puis la Bastille). Jusqu'au prénom identique... En 1981 comme aujourd'hui, il y a le même espoir d'une rupture avec une période marquées par les affaires et les scandales en tout genre. &lt;img id=&quot;media-3572008&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/01/2102558783.jpg&quot; alt=&quot;mai 1981,françois hollande,françois mitterrand&quot; width=&quot;145&quot; height=&quot;89&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Pour le reste, rien ne peut permettre une analogie entre les deux périodes. Le poids du parti communiste a été divisé par trois ou quatre (le score de Mélenchon ne doit pas induire en erreur sur la vraie influence du parti dirigé par Pierre Laurent). La mouvance écologiste, même affaiblie par le ratage de la candidature Joly, pèse réellement sur l'échiquier politique, ce qui remet en cause une certaine vision scientiste et souvent productiviste qui a été (est ?) celle de la gauche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;Tout, ou presque, a changé&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;De plus, la société n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était. Hier, elle était encore très «&amp;nbsp;blanche&amp;nbsp;», corsetée, structurée par la famille «&amp;nbsp;classique&amp;nbsp;», l'information circulait au &lt;img id=&quot;media-3572012&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/01/512688763.jpg&quot; alt=&quot;mai 1981,françois hollande,françois mitterrand&quot; /&gt;compte-goutte et les traditions politiques familiales était une réalité rarement contestée. Aujourd'hui (il suffisait, pour s'en convaincre, de regarder l'assemblée à la Bastille), la société est très multicolore, très métissée, l'information (le meilleur comme le pire) circule plus vite que la lumière et une partie importante des citoyens ne sent pas appartenir à une famille politique. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;La relation au nouveau Président de la République n'est absolument pas la même : François M. était respecté, craint, haï parfois, il se situait (même si c'était fort discutable) dans la lignée des grandes figures de la gauche, de Jaurès à Blum ; François H. a deux «&amp;nbsp;pères&amp;nbsp;» en politique (Jacques Delors et Lionel Jospin), mais ne porte pas en lui, dans ses gênes, cette mystique de la politique. «&amp;nbsp;Normal&amp;nbsp;» a-t-il souhaité se définir et de ce point de vue-là, il l'est totalement. Personne n'aurait imaginé dire de Mitterrand, l'homme de Vichy puis de la Résistance, le politicien de la IVe République puis l'opposant à de Gaulle sous la Ve, le rassembleur de la gauche, qu'il était un homme «&amp;nbsp;normal&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Périls en la demeure&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Si le nouveau président revendique une part de normalité, la situation qu'il va trouver dans quelques jour&lt;img id=&quot;media-3572017&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/3733935672.jpg&quot; alt=&quot;mai 1981,françois hollande,françois mitterrand&quot; width=&quot;109&quot; height=&quot;144&quot; /&gt;s est totalement exceptionnelle. L'Europe est menacée d'implosion, le couple franco-allemand risque d'aller dans les prochaines semaines, la zone euro craque de toutes parts, les «&amp;nbsp;marchés&amp;nbsp;» comme on dit sont aux aguets, prêts à sanctionner toute audace économique. Et puis ne parlons même du chômage qui pourrait s'envoler dans les prochains mois, de l'endettement qui pèse lourdement sur nos épaules et le spectre de la pauvreté qui plane sur des franges de plus en plus larges de la population française. Là encore, rien à voir avec la France qui sortait des 30 glorieuses et qui croyait en la reprise de la croissance...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;Fractures dans la carte électorale&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Sur le plan électoral, il faut regarder d'un peu plus près les résultats. L'écart, tout étant moins large que je l'avais prévu, est suffisamment confortable (1,15 million de voix) pour que le résultat ne souffre d'aucune contestation. Pour autant, les plus de 2 millions d'électeurs qui ont voté blanc ou nul montrent que la candidature Hollande n'a convaincu qu'une majorité relative d'électeurs. Dans certains départements très ouvriers et/ou ruraux où Marine Le Pen avait obtenu entre 20 et 25 % des suffrages, la proportion d'électeurs ayant voté blanc (comme la leader du FN) ou nul est impressionnante : 7 % à 8 % dans le Pas-de-Calais, dans l'Indre ou encore la Meuse. Certes, la moitié des électeurs du FN du premier tour s'est reporté sur le candidat sortant, mais Marine Le Pen, en encourageant officiellement à voter blanc et officieusement à choisir Hollande, a montré qu'elle pouvait contribuer à faitre chuter un candidat malgré (ou à cause de) sa propension à surfer sur les thèmes frontistes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;La carte électorale dégage aussi un autre enseignement, inquiétant pour François Hollande. Il est largement élu dans la moitié ouest de la France (sur une ligne qui partirait de Dunkerque pour aller jusqu'à Perpignan) alors qu'à l'exception de quelques régions (les 5 départements les plus septentrionaux et un bout de Rhône-Alpes) il est largement battu dans la moitié Est là où la désindustrialisation et les nouveaux flux de population sont les plus importants. Deux pays se font face qu'on peut résumer ainsi (de façon volontairement caricaturale). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Les deux France&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;D'un côté, une France tempérée, de tradition radicale-socialiste (le Sud-Ouest) ou démocrate-chrétienne (l'Ouest) où le style mesuré et tout en rondeurs de Hollande a bien fonctionné et où la vie associative est très dense. Toute la Bretagne a plébiscité Hollande qui obtient 56 % des suffrages. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;De l'autre, une France, parfois pauvre, parfois prospère, très inquiète des audaces de François Hollande et des conséquences de l'ouverture des frontières. Les 57 % obtenus par Sarkozy en PACA prouvent que le peuple de droite ne s'est pas disloqué malgré les violentes critiques qu'a rencontrées le candidat sortant. A cette coupure géographique très nette, s'ajoute une autre fracture, entre des grandes villes (toutes, sauf Nice, acquises à Hollande) et des petites villes et espaces ruraux majoritairement sarkozystes. La situation de Paris est, à cet égard, symptomatique : en 2007, Sarkozy disposait d'une très courte avancé alors que cette fois, il est distancé de 11 points (+ 110 000 voix de différence). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Donc, François Hollande va devoir reconquérir des pans de la population qui n'ont plus vraiment confiance dans la politique ou sont paralysés par des peurs (fondées ou non) à partir desquels ils développent parfois un discours séparatiste («&amp;nbsp;on reste entre nous&amp;nbsp;»). La difficulté du socialiste, c'est qu'il a été élu par une frange très urbaine, globalement plus favorisée que la moyenne et qui, elle aussi, a de plus en plus de mal à comprendre cette autre France, plus frileuse. A la lecture de ce constat assez implacable, on comprendra pourquoi il est difficile de sombrer dans la douce nostalgie de Mai 81. Un temps qui, malgré les clins d'oeil de l'histoire, n'existe plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;(1)&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Coïncidence totale : ce post d'après élection est le 100e du blog que j'ai créé voici trois ans, le 10 mai 2009. De mois en mois, de&amp;nbsp;plus en plus de visiteurs consultent ce blog (en moyenne près de 3000 visites mensuelles depuis juin 2011). Que chacun soit remercié de l'intérêt porté à ce travail (plaisir) de déchiffrage des enjeux politiques. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Alternance ou pas, le propos de ce blog ne changera pas et la liberté de ton s'exercera également sur le nouveau pouvoir. En appliquant la maxime bien connue : qui aime bien, châtie bien ! &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/03/debat-hollande-sarkozy-un-peu-de-hauteur-bordel.html</guid>
<title>Débat : le spectre de la ligne Maginot</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/05/03/debat-hollande-sarkozy-un-peu-de-hauteur-bordel.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Gauche</category>
<category>Nicolas Sarkozy</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Thu, 03 May 2012 08:03:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Que retenir de ces près de trois heures&lt;/strong&gt; de confrontation entre les deux prétendants à l'Elysée ? Incontestab&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3565608&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/02/537817099.jpg&quot; alt=&quot;Sarko hollande.jpg&quot; width=&quot;122&quot; height=&quot;131&quot; /&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;lement, un état de tension maximal entre ces deux politiques aguerris qui se croisent depuis une vingtaine d'années sur la scène politique. L'un et l'autre se sont voulus ultra-clivants, François Hollande dans son rôle de président rassembleur, à la fois modeste et exigeant, Nicolas Sarkozy dans sa posture de protecteur face aux périls qui menacent notre pays («&amp;nbsp;la folie dépensière&amp;nbsp;» du socialiste, «&amp;nbsp;la faucille et le marteau&amp;nbsp;» des syndicats, la passoire que serait l'Europe de Schengen). Chacun était dans son rôle et il n'y aura eu au final aucune grande surprise dans ce débat. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;On pourra malgré tout s'étonner&lt;/strong&gt; de l'absence de questions sur le domaine régalien par excellence qu'est la défense nationale. Quelques thèmes auraient mérité d'être abordés. Faut-il rester dans le commandement de l'Otan, comme nous y a replacé l'actuel président ? Par-delà le bourbier afghan, quelle doit être notre philosophie en matière d'intervention dans les différents conflits régionaux? Sur le nouveau foyer du terrorisme que constitue l'espace sahélien (à deux heures d'avion, comme on disait en parlant de la «&amp;nbsp;bataille de Sarajevo »), jusqu'où peut-on aller dans la lutte contre ce nouveau péril ? Et sur l'axe de la politique étrangère, là aussi escamoté, on aurait bien aimé avoir&amp;nbsp;des perspectives quant à notre relation avec&amp;nbsp;la Chine ou avec les puissances émergentes (Inde, Brésil...), sans oublier&amp;nbsp;les rapports&amp;nbsp;avec notre allié américain. Que dire également du silence sur le conflit israélo-palestinien ou sur les nouveaux régimes arabes plus ou moins démocratiques?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;En regardant ce débat&lt;/strong&gt; où les charges succédaient aux bons mots, où les attaques gratuites (que venait faire DSK dans cette galère?) se mêlaient aux traits d'humour (là dessus, Hollande est vraiment au-dessus du lot), on pouvait avoir le sentiment que la France vivait seule dans sa bulle, qu'elle était simplement entourée de notre voisin allemand dans la vieille relation ambiguë d'admiration et de crainte et avec quelques contre-exemples à ne pas suivre, la Grèce et l'Espagne, longtemps dirigés par des socialistes (dixit Sarkozy) ou l'Italie contrôlée par «&amp;nbsp;votre ami Berlusconi&amp;nbsp;» (selon Hollande). &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Curieuse impression&amp;nbsp;que celle de notre&amp;nbsp;pays&lt;/strong&gt; qui ne&amp;nbsp;voit la mondialisation que sous ces angles négatifs (délocalisation, immigration sauvage)&amp;nbsp;et se déchire sur des enjeux de politique nationale. Bien entendu, les candidats pourront arguer, non sans raison, qu'ils auraient bien aimé répondre à des questions internationales et qu'ils ont manqué de temps pour cela (ce qui donnera de l'eau au moulin de Sarkozy qui proposait plusieurs débats). Mais, par exemple dans leur conclusion qui était totalement libre, aucun des deux n'a élargi le débat. François Hollande, certes, a pris de la hauteur en parlant de justice, de redressement du pays et de refus des peurs qui seraient véhiculées par son adversaire (en ce sens, on a été servi avec une nouvelle fois le chiffon vert de l'islam agité par le président sortant) tandis que Nicolas Sarkozy s'adressait, assez maladroitement d'ailleurs, aux électeurs de Marine Le Pen, de François Bayrou et aux abstentionnistes (qui sont effectivement sa seule issue pour ne pas faire ses valises pour Neuilly). Là encore, on cultive l'idée que notre pays (qui bien sûr a des atouts) va s'en sortir seul, grâce à la vaillance de son peuple et à la lucidité (?) de ses élites. Il faut avouer que&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&amp;nbsp;tout cela paraît un peu court...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Sur l'immigration, par exemple,&lt;/strong&gt; chacun a rivalisé en promesses pour évidemment accueillir moins d'étrangers (sauf sur les étudiants où Hollande a fait entendre sa différence). En tenant ce discours de la maîtrise quasiment mathématique des frontières, on a oublié d'expliquer pourquoi tant de nos voisins, notamment africains, veulent venir chez nous et sont prêts à risquer leur vie pour cela. La France, seule, ne peut évidemment impulser le développement de ces pays, mais elle peut tout de même prendre la tête des pays riches pour aller dans cette direction. Pas un mot n'a été dit sur ce sujet et on a fait croire que l'on pouvait, dans ce contexte, réduire les migrations alors qu'elles vont&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;, sans doute, s'accentuer dans les prochaines années. Sur ce plan, le candidat de gauche, lui aussi paralysé par les 18 % de Le Pen, n'a pas su faire entendre une musique un tantinet différente. Caresser l'opinion dans le sens du poil ne nous prépare pas aux échéances difficiles qui nous attendent sur les enjeux de la crise écologique, de l'arme nucléaire ou du partage des richesses. En écoutant hier le débat, on pouvait avoir le sentiment que notre horizon s'arrêtait aux portes de Strasbourg, Vintimille ou San Sebastien. Cruelle illusion !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;En définitive, on peut sans doute s'accorder sur un match nul&lt;/strong&gt; entre Hollande et Sarkozy. L'un et l'autre ont été fidèles à leur image, personne n'a «&amp;nbsp;écrasé&amp;nbsp;» l'autre (comment penser que cela pouvait arriver, au vu de l'expérience des deux protagonistes?). Pour autant, nous n'avons pas été plus éclairé sur la présidence qu'ils voulaient incarner : tout avait été dit précédemment et le style du débat, très accroché et peu pédagogique, ne permettait guère d'aller plus loin. Il faudra d'ailleurs, à terme, réfléchir aux modalités pratiques pour faire vivre ce grand moment de débat démocratique. La façon dont cela est conçu actuellement donne lieu davantage à un combat de boxe qu'à un vrai échange d'arguments. Peut-être est-ce ce que les médias (et les spectateurs que nous sommes) recherchent. Mais cela ne grandit pas forcément la politique. Il faudrait sans doute à l'avenir proposer deux débats, l'un sur les enjeux purement internes, l'autre sur la France dans le monde et surtout introduire le débat par un exposé neutre (rappeler des faits et des chiffres) pour éviter cette bataille de chiffonniers à laquelle les deux postulants à l'Elysée se sont livrés, par exemple sur les statistiques du chômage. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;La nouvelle façon de présider&lt;/strong&gt; que nous promet François Hollande suppose que notre pays grandisse dans sa façon de débattre.&amp;nbsp;Les passions politiques sont évidemment nécessaires et aucune rationalité ne s'impose d'en-haut.&amp;nbsp;Pour autant, en ces temps compliqués et tourmentés, il serait bon de ne pas réinventer je ne sais quelles nouvelles lignes Maginot. Celles-ci n'ont amené dans notre histoire que désillusions et défaites. Ce n'est pas parce qu'un électeur sur cinq veut&amp;nbsp;tout jeter par-dessus bord et se donner à une pseudo&amp;nbsp;Jeanne d'Arc&amp;nbsp;que notre pays doit s'engager sur des voies chimériques et dangereuses qui n'ont jamais préparé son&amp;nbsp;avenir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/30/la-strategie-a-tres-hauts-risques-de-sarkozy.html</guid>
<title>La stratégie à (très) hauts risques de Sarkozy</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/30/la-strategie-a-tres-hauts-risques-de-sarkozy.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Nicolas Sarkozy</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<category>UMP</category>
<pubDate>Mon, 30 Apr 2012 14:16:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Curieux entre-deux-tours ! Un candidat archi-favori fait semblant, pour mobiliser son camp, d'annoncer un second tour très serré (ce qu'aucun institut de sondage, même en prenant la marge d'erreur inhérente à l'exercice, ne prédit) ; un sortant qui multiplie les effets d'annonce et parfois les provocations, se bat comme un &lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;&lt;img id=&quot;media-3561419&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/01/3257242201.jpg&quot; alt=&quot;second tour présidentielle,patrick buisson,ump,nicolas sarkozy&quot; width=&quot;159&quot; height=&quot;101&quot; /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;beau lion, en sachant que la partie sera ultra-difficile pour lui. &lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times;&quot;&gt;Ajoutez à cela, histoire de pimenter une affaire qui en manque quelque peu, un ancien prétendant à l'Elysée, déchu dans une série d'affaires glauques, qui réapparaît à une semaine de ce second tour dans une soirée que les Tartuffe ont appelée privée... &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Il faut bien le reconnaître, quel que soit le fil qu'on tire, on ne voit pas comment Nicolas Sarkozy pourrait l'emporter, même avec 50,1 %. Prenons d'abord l'arithmétique électorale qui, loin d'être infaillible, donne tout de même quelques indications précises.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;9 candidats contre 1&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Pendant toute la campagne, dans un aveu de lucidité désabusée, le candidat sortant a pesté contre une situation inédite où il était seul contre neuf. Cela n'était pas faux et cela se traduit logiquement par son absence de réservoirs de voix. Là où François Hollande peut compter l'essentiel des suffrages qui se sont portés au premier tour sur Mélenchon, Joly et même&lt;img id=&quot;media-3561423&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/02/4203316749.2.jpg&quot; alt=&quot;second tour présidentielle,patrick buisson,ump,nicolas sarkozy&quot; /&gt; Poutou qui ont appelé à l'élire ou du moins à battre Sarkozy (les trois candidats remportant en tout presque 15 %), Nicolas Sarkozy n'a aucune réserve naturelle. Même Nicolas Dupont-Aignan qui vient du RPR n'a pas appelé ses électeurs à se reporter sur celui qui se prétend encore néo-gaulliste. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Reste ensuite l'électorat des 3e et 5e candidats du premier tour. Mathématiquement, Sarko pourrait l'emporter s'il agrégeait à ses 27 %, les 18 % de Le Pen et les 9 % de Bayrou. Mais les reports ne se feront pas à 80 %, ni même à 70 % chez ces deux candidats. Dans le meilleur des cas, Nicolas Sarkozy peut espérer en agrégeant, pour des raisons totalement différentes (la peur de l'étranger chez les électeurs frontistes et la peur des déficits chez ceux du centre), la moitié de ces deux électorats, arriver à un capital électoral de 41 à 42 %. Même s'il espère, sans doute à raison, mobiliser une partie de l'électorat traditionnel de la droite qui l'a boudé au premier tour et/ou a préféré profiter de vacances pluvieuses, il aura tout de même beaucoup de mal à franchir la barre des 50 %. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;La stature de Hollande renforcée&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Comme «&amp;nbsp;l'animal&amp;nbsp;» ne se rend pas aussi facilement, il en vient à faire feu de tout bois, franchissant allègrement bien des tabous. Lors de son discours de Toulouse le 29 avril, il a repris même l'idée du «&amp;nbsp;racisme anti-Français&amp;nbsp;» inlassablement invoqué par la famille Le Pen. Le problème pour Nicolas Sarkozy, c'est qu'il a en face de lui un animal à sang froid qui jamais ne tombe dans son panneau. Donc, son attitude survoltée &lt;img id=&quot;media-3561427&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/2714567363.jpg&quot; alt=&quot;second tour présidentielle,patrick buisson,ump,nicolas sarkozy&quot; /&gt;qui, une fois encore (lire mes posts précédents), est davantage celle d'un challenger que d'un sortant, renforce la stature de chef d'Etat que souhaite camper François Hollande. Il est tout de même paradoxal – et on s'étonne que les spécialistes de la doxa sarkozyste ne s'en étonnent pas – que celui qui en appelle aux solutions de responsabilité face à la gravité de la crise prenne le risque de déchaîner quelques passions nationalistes, teintées parfois de xénophobie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Chasser sur les terres frontistes ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;A cette critique, certains défenseurs du leader de l'UMP vous diront qu'avec un FN à 18 %, il n'y a pas d'autre solution que d'aller chasser sur les terres frontistes. Et ils vous rappellent le scénario de 2007 où un Sarko offensif et sans complexe avait ramené l'électorat Le Pen à 10 %. Sauf que la stratégie de 2007 ne peut être reproduite, sauf à épouser totalement le discours plus présentable, mais totalement démagogique, de celle qui a pris la relève dans l'entreprise politique familiale. Elle repose en fait sur une erreur d'interprétation de l'électorat Le Pen. L'alchimie insécurité + immigration (deux domaines où la présidence Sarkozy n'a d'ailleurs pas forcément excellé) n'est pas le vecteur principal de l'électorat Le Pen, en tout cas dans certaines régions. Si cette radicalisation du type Ligue du Nord (électorat petit-bourgeois qui vit plutôt bien mais qui craint une dégringolade sociale avec l'arrivée des étrangers) existe dans certaines régions, notamment sur le pourtour méditerranéen (elle rassemble 27 % des électeurs gardois), le processus d'adhésion à «&amp;nbsp;Marine&amp;nbsp;» est autrement plus complexe dans d'autres régions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Marine&amp;nbsp;» à 20 % dans des départements ruraux&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Si le cocktail «&amp;nbsp;immigration + insécurité&amp;nbsp;» était totalement explicatif de ce vote, comment comprendre que dans l'Indre ou l'Orne (départements ruraux s'il en est), le FN fasse près de 20 % et que dans l'Aube (où est élu François Baroin), il cartonne à 25 %? A l'inverse, &lt;img id=&quot;media-3561428&quot; style=&quot;float: right; margin: 0.2em 0 1.4em 0.7em;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/00/539673368.jpg&quot; alt=&quot;second tour présidentielle,patrick buisson,ump,nicolas sarkozy&quot; /&gt;comment&amp;nbsp;analyser le fait&amp;nbsp;qu'en Seine-Saint-Denis, là où présence d'étrangers et niveau d'insécurité sont élevés, le FN n'atteigne même pas les 14 % ? Et pour aller à la pêche de ces électeurs frontistes en Indre, l'Aube ou l'Orne, il ne faudrait pas parler viande hallal ou racisme anti-français (même s'ils peuvent y être sensibles), mais plutôt pouvoir d'achat, emploi, lutte contre la désertification, services publics... Autant de questions sur lesquelles le Président sortant est un peu moins prolixe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Le risque de cette stratégie sarkozyste est non seulement son échec électoral prévisible, mais qu'elle pourrait conduire à une seconde – et encore plus large – défaite au tour d'après, les législatives. En effet, quelques critiques se sont déjà fait entendre dans les rangs de l'UMP. Certes, les Chantal Jouanno, Etienne Pinte ont une influence fort limitée dans le parti présidentiel, mais ils constituent la garde avancée de ceux qui, lucides et courageux, ont compris que la stratégie Buisson (du nom de ce conseiller venu de l'extrême droite, très influent à l'Elysée) menait à la division de l'UMP et à la polarisation autour du FN. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Risque d'implosion à l''UMP &lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Que va-t-il se passer à partir du 7 mai, si la défaite de Sarko est confirmée? Les bouches vont s'ouvrir, les confessions se multiplier, les règlements de compte s'intensifier (notamment entre les clans Fillon et Copé). Si on reste sur le terrain strictement politique (car du point de vue judiciaire, certaines affaires pourraient connaître de nouveaux développements), les risques d'éclatement de l'UMP sont majeurs, même si tout lemonde, la main sur le coeur, promettra de rester unis. Les législatives vont donner lieu à trois types de scénarios : celui où la droite, plutôt bien placée, aura en face d'elle un candidat de gauche et devra négocier le report des voix du FN; celui (peut-être dans une centaine de circonscriptions) où aura lieu une triangulaire UMP/gauche/FN avec le risque que le candidat de gauche arrive presque partout en tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Que faire face à un second tour FN/gauche ?&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Reste le dernier scénario qui pourrait se produire très fréquemment : le candidat de droite, n'ayant pas atteint les 12,5 % des suffrages (avec une participation plus basse, c'est possible avec moins de 20 % des voix), il reste au second tour deux candidats, de gauche et FN. Que fera dès lors le candidat de droite ? Appeler à voter «&amp;nbsp;républicain&amp;nbsp;» (comme le feront sans doute les quelques candidats de gauche éliminés, par exemple dans les Alpes-Maritimes ou le Var), prôner un vote blanc, voire dans quelques cas extrêmes, se désister en faveur du frontiste au nom de la lutte contre le pouvoir socialiste ? Il est évident que cette dernière situation conduirait à diviser profondément feu le parti majoritaire. Plus de leader incontesté, un centre de gravité déplacé vers la droite, deux défaites successives, des défections vers le FN voire vers le MoDem... la stratégie «&amp;nbsp;à droite toute&amp;nbsp;» de Nicolas Sarkozy pourrait avoir un effet délétère sur ce parti qu'il avait façonné pour sa victoire de 2007. Mais le président sortant n'est-il pas, peut-être à son corps défendant, dans une optique «&amp;nbsp;après moi, le déluge&amp;nbsp;» ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/23/en-direct-chez-les-supporters-de-sarkozy.html</guid>
<title>En direct chez les supporters de Sarkozy</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/23/en-direct-chez-les-supporters-de-sarkozy.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Nicolas Sarkozy</category>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Mon, 23 Apr 2012 08:15:00 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Après des semaines et des semaines&lt;/strong&gt; de suivi et d'analyses de la campagne présidentielle, comment et où passer la soirée électorale ? Y'a l'option téloche avec pizza et bière,&amp;nbsp;pour commenter avec les potes les résultats. Pas mal, mais pas très original. Et pourquoi pas aller sur place et voir&amp;nbsp;comment les militants réagissent à l'annonce des résultats. Décision est prise de faire la tournée des camps politiques. Je ne pars pas seul puisque m'accompagnent mon fils qui a voté pour la première fois (à gauche) et un vieux copain, militant écolo et électeur d'Eva Joly .&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3550548&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/01/518878203.jpg&quot; alt=&quot;Mutualité Sarko.jpg&quot; /&gt;Direction d'abord la Mutualité&lt;/strong&gt; dans le quartier latin (1). La «&amp;nbsp;Mutu&amp;nbsp;» n'est plus le repère de la gauche, comme ce fut le cas pendant des décennies. Première mission : rentrer dans le bunker pris d'assaut par des centaines de militants UMP et surveillé comme un sommet intrenational. La carte de presse, finalement, constitue un sésame précieux. On entre donc dans ce palais et on trouve difficilement une place dans les tribunes du haut, là où il fait une chaleur proche d'un hammam. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;De part et d'autre de la scène géante&lt;/strong&gt;, deux écrans télé. L'un branché sur TF1, l'autre sur France 2. Le premier a nettement plus les faveurs des spectateurs-supporters. Tout simplement parce que la chaîne privée annonce un écart d'un peu plus d'un point (elle est d'ailleurs la plus proche du résultat final qui indiquera tard dans la nuit 1,5 point de plus pour François Hollande) alors que la «&amp;nbsp;publique&amp;nbsp;» parie sur trois points de retard du président sortant. Un électeur UMP nous confie qu'il est plutôt content que Marine Le Pen fasse près de 20 % (finalement, ce sera 18 %) parce qu'il y voit une grosse réserve de voix pour son chouchou qui en manque tant. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans la salle, c'est du délire&lt;/strong&gt;. Le public siffle à tout va quand un leader de gauche apparaît. La palme de la bronca va à Ségolène Royal qui fut le premier adversaire de Nicolas Sarkozy. Mais&amp;nbsp;Douste-Blazy qui a rejoint François&amp;nbsp;Bayrou, reçoit également un accueil sympathique.&amp;nbsp;A tue-tête, les supporters crient un très optimiste «&amp;nbsp;On va gagner&amp;nbsp;» suivi d'un géographique «&amp;nbsp;Hollande en Corrèze, Sarko à l'Elysée&amp;nbsp;». Enfin, ici, on ne l'appelle pas Sarkozy, mais Nicolas. Un peu de tendresse dans ce monde de brutes !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quand Marine Le Pen apparaît à l'écran&lt;/strong&gt;, on sent une grande attention du public qui sait que son attitude sera déterminante pour améliorer le report des voix vers le candidat UMP (qui selon les sondages du soir, était de 2/3 pour Sarko, 1/3 vers Hollande). Son intervention suscite tout de même quelques sifflets, mais beaucoup moins que pour Ségolène Royal. Tout de façon, son discours est rapidement coupé par une interrution de son tout à fait opportune. Le son revient pour l'intervention de François Fillon qu'on voit d'abord sur l'écran puis 10 minutes plus tard à la Mutu. Pour être aussi rapide, son chauffeur n'a pas dû respecter les limitations de vitesse...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;C'est un défilé&amp;nbsp;gouvernemental&lt;/strong&gt; à la Mutualité&amp;nbsp;: Bruno Le Maire, Claude Guéant, Roselyne Bachelot, Gérard Longuet (qui de loin ressemble vraiment à Bertrand Delanoë). Mê&lt;img id=&quot;media-3550549&quot; style=&quot;margin: 0.2em 0px 1.4em 0.7em; float: right;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/00/2736962665.jpg&quot; alt=&quot;Mutualité Copé.jpg&quot; width=&quot;128&quot; height=&quot;97&quot; /&gt;me Michèle Aliot-Marie est de retour, suivi par son POM (Patrick Ollier)&amp;nbsp;de mari. Le patron de l'UMP Jean-François Copé, le «&amp;nbsp;grand ami&amp;nbsp;» du Premier ministre, prend la parole depuis la salle, sans monter&amp;nbsp;sur la tribune, et harangue la foule. Il loue «&amp;nbsp;le projet solide&amp;nbsp;» du sortant, parle de «&amp;nbsp;campagne extraordinaire&amp;nbsp;» et conclut par un solennel «&amp;nbsp;L'avenir de la France est en jeu&amp;nbsp;».&amp;nbsp;Délire dans la salle !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Quand François Hollande&lt;/strong&gt; s'exprime depuis son fief corrézien (il y a fait plus de 40 % alors que dans les Hauts-de-Seine, Sarko est talonné par le candidat socialiste), difficile de suivre son propos. C'est la bronca et les dizaines de «&amp;nbsp;Menteurs&amp;nbsp;» qui sont lancés un peu partout. De toute façon, là encore, un problème technique intervient. Tous les regards se tournent vers Alain Juppé qui fait une entrée triomphale à la «&amp;nbsp;Mutu&amp;nbsp;». Les militants ne sont pas rancuniers ou alors complètement amnésique car l'actuel ministre des Affaires étrangères n'a pas ménagé ses critiques pendant au moins deux ans.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Toujours pas de Nicolas Sarkozy&lt;/strong&gt; en vue dont on nous annonce pourtant l'arrivée imminente. Alors, on fait un peu connaissance A côte de nous, une jeune femme beaucoup moins BCBG que la moyenne des jeunes (qui sont en nombre assez limité). Ici, la veste est de rigueur (pas de cravate, tout de même, c'est la fête...) et les filles ne sont pas débraillées. Notre voisine est, comme nous, une intruse : elle a voté François Hollande. Elle accompagne son papa et sa soeur plus jeune, tous deux électeurs UMP. «&amp;nbsp;Vous comprenez, je travaille dans l'enseignement et la recherche en mathématique. Après ce que Sarko nous fait, il n'est pas possible de voter Sarkozy&amp;nbsp;». Une discusion s'engage avec la soeurette, électrice de Nicolas Sarkozy, mais qui est loin d'être une passionnaria. Il y est question notamment d'écologie (elle regrette que Nicolas Hulot n'ait pas été candidat)..&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;21h45. Arrêtons de causer&lt;/strong&gt;. La star de la Mutu arrive dans une vacarme indescriptible. «&amp;nbsp;Nicolas, Nicolas&amp;nbsp;». Une nuée de drapeaux tricolores (qui avaient été distribués juste avant &lt;img id=&quot;media-3550550&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/00/00/2557747469.jpg&quot; alt=&quot;Mutualité interv sarko.jpg&quot; /&gt;par le service de campagne) envahit notre champ de vision. Cette fois-ci, le son est maximal. Le regard grave, aucun signe d'euphorie sur le visage, le candidat sortant déroule un discours impeccable où il fait clairement un appel du pied à la leader frontiste en insistant sur l'immigration et la sécurité. Mais il en appelle aussi au rassemblement le plus large en se voulant social: «&amp;nbsp;Les angoisses, les souffrances des Français, je les connais...). Il sort alors sa carte magique en exigeant l'organisation de trois débats (voici quelques jours, c'était deux...). «&amp;nbsp;Les Français ont le droit à la vérité et à la clarté&amp;nbsp;», s'écrit-il. Et le candidat crédité de 27 % de conclure en réaffirmant son «&amp;nbsp;amour de la patrie&amp;nbsp;». Dans les minutes qui suivent son intervention courte (pas plus de 10 minutes), la salle de Mutualité se vide rapidement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dans un café proche de la Mutu&lt;/strong&gt;, les clients qui présentent une allure vraiment différente de la sage, bine que survoltée,&amp;nbsp;assemblée UMP, commentent, pas toujours dans la finesse, les commentaires de TF1. Notre ami Pernaut est parti à Louviers (le fief de Pierre&amp;nbsp;Mendès-France) à la rencontre des vrais Français. Quand le reporter parle du rassemblement UMP qui s'achève, il raconte que «&amp;nbsp;les militants sont maintenant dispersés dans la rue&amp;nbsp;». Un client du bar s'approche de la porte, incrédule, et s'exclame : «&amp;nbsp;Eh bien, y'a personne&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;ol&gt;&lt;li&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;La tournée continuera rue Solférino au siège du PS. Mais là, la pluie aidant, vers 23 heures, la fête est terminée. Ne reste plus qu'une poignée de militants et de responsables socialistes, ainsi qu'une cohorte de journalistes, dont beaucoup de correspondants de la presse étrangère.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Retour sur mes pronostics (voir ci-dessous)&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;em&gt;Difficile de s'auto-évaluer, mais je me mets la note de 12/20. La moyenne est assurée car j'ai indiqué le bon ordre des candidats (alors que beaucoup voyaient Mélenchon devancer Le Pen). J'ai gagné quelques points en indiquant un écart de deux points entre Hollande et Sarko (il est d'un point et demi) et en évaluant Bayrou à son niveau (9 %). Par contre, et cela me fait perdre l'espoir d'avoir les félicitations du jury, j'ai un peu sous-évalué Hollande et Sarko (que je voyais à 27 et 25 %) et surtout j'ai sur-évalué la performance du leader de Front de gauche que j'avais pronostiqué à un niveau élevé (16 %). J'ai été, comme beaucoup, intoxiqué par les sondages qui le mettait à un niveau élevé (entre 14 et 16 %). &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
</description>
</item>
<item>
<guid isPermaLink="true">http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/20/1er-tour-voici-mes-pronostics.html</guid>
<title>1er tour : voici mes pronostics !</title>
<link>http://10mai.hautetfort.com/archive/2012/04/20/1er-tour-voici-mes-pronostics.html</link>
<author>noreply@hautetfort.com (NB)</author>
<category>Présidentielle 2012</category>
<pubDate>Fri, 20 Apr 2012 01:58:55 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;J -3. Avant que les sondages soient officiellement interdits de publication, essayons-nous à l'exercice des pronostics. Pas simplement par goût du jeu, mais par volonté (sans doute un peu prétentieuse) d'essayer d'anticiper sur le verdict de cette alchimie bizzare qu'est une campagne électorale. Bien sûr, les résultats de ce dimanche à 20 heures peuvent démentir totalement mes pronostics... Bon, ce préambule assez duré. Lançons-nous à l'eau au risque de&amp;nbsp;prendre la tasse...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;em&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: small;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546526&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/4071081569.3.jpg&quot; alt=&quot;F. Hollande.jpg&quot; width=&quot;122&quot; height=&quot;80&quot; /&gt;François Hollande : 27 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Il arrive largement en tête du premier tour, ayant réussi à cristalliser sur sa candidature le fort courant d'opposition – voire de ras-le-bol – vis-à-vis du sarkozysme. Son talent a été de garder constamment le cap, sans répondre frontalement aux attaques du candidat sortant, voire à celles de Jean-Luc Mélenchon. Jamais, il n'a été déstabilisé. Un roc, ce Hollande ! Il a par ailleurs réussi à conserver l'unité des socialistes derrière sa candidature (à la différence de la cacophonie de 2007). A-t-il vraiment convaincu ? Pas toujours, notamment dans sa volonté de renégocier le traité européen ou dans sa capacité à rassembler largement de la gauche de la gauche au franges bayrouistes. On l'a trouvé également étrangement silencieux sur la politique étrangère (comme les autres candidats d'ailleurs). Il va devoir pendant l'entre-deux-tours persuader qu'il peut être autre chose qu'un Président par défaut. Vaste chantier pour que la probable victoire du 6 mai ne soit pas à la Pyrrhus...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546527&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/3218995987.jpg&quot; alt=&quot;Sarko 2.jpg&quot; width=&quot;126&quot; height=&quot;91&quot; /&gt;Nicolas Sarkozy : 25 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;C'est un score très médiocre pour le Président, lui qui pensait doubler le candidat socialiste et flirter avec la barre des 30 %. Une partie des abstentionnistes (qui atteindrait les 28 – 30 % contre moins de 20 % en 2007) serait à chercher du côté des électeurs traditionnels de la droite qui décidément n'ont pas pu se résoudre à voter pour un Président qui l'a tant déçu voire choqué. Plus encore que le non-respect des engagements de 2007 (l'argument de la crise est jugé acceptable par cet électorat), c'est cette mise en avant permanente de sa personnalité, de son ego qui ne passe dans cet électorat. Pour avoir une chance de l'emporter, Nicolas Sarkozy devra, outre des bons reports au centre et à l'extrême droite, redonner à ces électeurs l'envie de reprendre le chemin des bureaux de vote. Agiter le chiffon rouge «&amp;nbsp;socialo-communiste&amp;nbsp;», comme pourrait être tenté de le faire l'UMP, ne suffira sans doute pas (d'autant que Hollande n'a pas le profil d'un dangereux gauchiste). Le Président sortant doit enfin expliquer quel destin collectif il propose aux Français pour les cinq ans à venir. Pendant les trois mois de sa campagne, il a surtout passé son temps à dissuader les Français tentés de l'aventure «&amp;nbsp;Marine&amp;nbsp;» de ne pas s'y risquer. Le résultat est fort mitigé et il doit en deux semaines faire tout ce qu'il a omis d'expliquer depuis février. Il a du pain sur la planche !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546528&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/01/1456813717.2.jpg&quot; alt=&quot;Le Pen fille.jpg&quot; width=&quot;142&quot; height=&quot;89&quot; /&gt;Marine Le Pen : 17 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Le troisième homme de ce premier tour est... une femme. Même si J.-L. Mélenchon lui a taillé de sérieuses croupières l'empêchant d'être trop dangereuse pour N. Sarkozy, même si sa campagne a semblé s'essoufler sur la fin (elle manque encore de métier, elle apprendra... malheureusement), Marine Le Pen retrouve à quelques décimales près le score de son père en 2002 qui, pour le coup, avait été le 2e homme. L'état de décomposition de la société est tellement avancé dans certains pans ruraux (où elle pourrait faire des ravages ici ou là) et péri-urbains du pays que Marine Le Pen n'a eu qu'à ramasser la mise. Son profil plus «&amp;nbsp;moderne&amp;nbsp;», son souci d'éviter les saillies antisémites de son père et son attention aux questions sociales (si délaissées par le candidat sortant) lui ont permis de rallier de nouveaux électeurs souvent «&amp;nbsp;paumés&amp;nbsp;», sans aucune culture politique. Il serait intéressant de réaliser une enquête chez les électeurs FN de 18-35 ans et on serait sans doute surpris par leur absence de repères historiques. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546529&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/00/2463256840.jpg&quot; alt=&quot;Mélenchon 2012.jpg&quot; width=&quot;142&quot; height=&quot;84&quot; /&gt;Jean-Luc Mélenchon : 16 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Sans doute sera-t-il déçu de ne pas avoir coiffé sur le poteau son ennemie frontiste. Mais l'autre leader d'un Front (de gauche, cette fois) a été la vraie révélation de cette campagne, même si les observateurs politiques n'ont pas été totalement surpris, connaissant depuis longtemps son énergie et son charisme impressionnants. Démarrant la campagne avec 7 à 8 % d'intentions de vote, il a doublé la mise en quatre mois. Jolie performance ! Jean-Luc Mélenchon a réussi à redonner un espoir dans un destin collectif parmi ce peuple de gauche qui se sentait depuis trop d'années oublié, méprisé voire humilié. Il leur a redonné une fierté. Pour autant, a-t-il dessiné un chemin politique. Pas sûr car les stratégies entre lui et l'appareil du PC (qui a joué le rôle de petite main sur le terrain) divergent. Surtout, celui qui a été le «&amp;nbsp;Monsieur plus&amp;nbsp;» de la campagne, balayant d'un revers de la main toutes les contraintes politiques (les solidarités européennes, la réduction des déficits) au nom d'une critique de l'impérialisme de la raison économique, devra en rabaisser dans ses exigences s'il ne veut pas être cantonné à la fonction tribunicienne qu'exerça si bien le parti communiste voici un demi-siècle. Mais en rabaisser n'est ce pas déjà manger son chapeau. Ce n'est pas le moindre des paradoxes du Front de gauche au lendemain de ce succès istorique : le plus dur commence dès lundi...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546531&quot; style=&quot;float: left; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/01/02/2226957219.jpg&quot; alt=&quot;bayrou.jpg&quot; width=&quot;145&quot; height=&quot;92&quot; /&gt;François Bayrou : 9 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;Il a fait à peu près le même chemin que Mélenchon, mais en sens inverse. Voici deux mois, Bayrou&amp;nbsp;approchait les 15 % dans les intentions de vote et certains même le voyaient comme le seul candidat capable de battre Hollande le 6 mai. Pour le Béarnais, c'est un cruel atterrissage, et sans doute la fin d'un espoir fou d'être le Président de tous les Français. Et pourtant, il avait sur le papier tout pour réussir : l'impopularité record de Sarkozy, la reconnaissance de la pertinence de son thème de campagne de 2007 sur la réduction des déficits, une rénovation inaboutie du parti socialiste et l'absence de DSK au profil centriste... Mais ça a «&amp;nbsp;foiré&amp;nbsp;» !&amp;nbsp;Tout en reconnaissant les qualités morales de Bayrou, les Français ne pensent pas que le clivage gauche/droite n'a plus de pertinence. L'erreur de François Bayrou qui plonge ses racines dans son histoire néo-giscardienne est de ne pas avoir assez incarné l'objectif de justice sociale qui taraude la société. La rigueur, oui, la fin des mauvaises habitudes de gaspillage des deniers publics sans doute, mais le candidat du MoDem a oublié de répondre à la question: au service de quel projet ? Il a séduit les classes moyennes supérieures qui ont sans doute conscience des dangers pour la France, mais ont peu de souci à se faire pour leur propre avenir. en revanche, il est sorti totalement des radars de ceux (beaucoup plus nombreux) pour qui&amp;nbsp;la situation est totalement&amp;nbsp;inverse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: large;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;img id=&quot;media-3546532&quot; style=&quot;margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0px; float: left;&quot; title=&quot;&quot; src=&quot;http://10mai.hautetfort.com/media/02/02/788692540.jpg&quot; alt=&quot;eva joly.jpg&quot; width=&quot;100&quot; height=&quot;121&quot; /&gt;Eva Joly : 3 %&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;C'est le gros bide de la campagne ! Europe écologie les Verts était sur un nuage depuis son succès aux européennes et aux régionales. Mais une présidentielle ne s'aborde pas comme une addition de scrutins locaux. Il faut incarner le message qu'on veut porter. Chacun à sa façon, Hollande, Le Pen et bien sûr Mélenchon ont des personnalités cohérentes avec les idées qu'ils portent. Le fait de choisir une magistrate sans aucune culture écologiste pour porter les couleurs vertes (lire à ce propos le petit article dans &quot;Le Canard enchaîné&quot; de cette semaine où l'on découvre qu'elle n'a pas toujours été très écolo) ne pouvait que les amener dans le mur. Circonstance atténuante pour elle : en coulisses, le duo Dufflot-Placé s'activait pour dénicher, auprès des socialistes, des places au chaud pour les législatives (dont certaines pourraient être compromises par ce Tchernobyl électoral). Difficile dès lors de trouver des marges de manoeuvre pour la campagne de la pauvre candidate. Laquelle s'est sentie obligée en fin de course d'amuser la galerie avec un voyage en terres sarkozystes. Comme si c'était le sujet du moment. En même temps, ce n'est pas très grave puisque la planète pète la forme et qu'on n'a jamais autant parlé d'écologie que dans cette campagne...&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Les 4 autres candidats : 3 % en tout&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: times new roman,times; font-size: medium;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: medium;&quot;&gt;A priori, l'ordre devrait être le suivant : Nicolas Dupont-Aignan (courageux, mais un peu seul), Philippe Poutou (qui n'a toujours pas compris ce qu'il était faire dans cette galère... nous, non plus d'ailleurs), Nathalie Arthaud (qui aurait dû s'appeler Arlette pour espérer exister). Et nous garderons le meilleur pour l'extrême bas du classement, l'Ovni Jacques Cheminade. A 72 ans, après avoir atteint 0,1 %, son objectif devrait être désormais d'aller sur Mars. Pour lui, ce sera sans doute plus simple que de viser l'Elysée... &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p style=&quot;font-weight: normal; margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
</description>
</item>
</channel>
</rss>
